France - Programme de stabilité 2016 - Crédit Agricole des Savoie

France : programme de stabilité 2016
L'analyse économique et sectorielle du Groupe Crédit Agricole

Déficit/PIB réduit à 3,3 % en 2016 et 2,7 % en 2017

Le gouvernement a présenté le 13 avril le « programme de stabilité » 2016-2019. Ce document décrit la stratégie en matière de finances publiques sur cette période. Il fournit les principaux objectifs de cette stratégie, un scénario macro-économique et une trajectoire pluriannuelle des finances publiques.






  • Le déficit public serait ramené à 3,3 % du PIB en 2016 et 2,7 % en 2017, après 3,5 % en 2015. L’objectif d’un déficit inférieur à 3 % du PIB serait donc atteint en 2017.
  • Au sein de l’effort structurel, la priorité est donnée aux dépenses, avec un effort d’économies de 50 milliards € en 2015-2017. De nouvelles économies sont toutefois prévues (3,8 milliards en 2016 et 5 milliards en 2017) pour compenser les effets d’une très faible inflation. Parallèlement, les prélèvements obligatoires diminuent peu à peu.
  • La dette publique, qui atteint 95,7 % du PIB en 2015, continuerait à remonter, mais modérément, jusqu’à 96,5 % en 2017 ; elle s’infléchirait à partir de 2018.
  • Ces chiffrages reposent sur des hypothèses de croissance assez prudentes (1,2 % en 2015, 1,5 % en 2016 et 2017).

Les engagements budgétaires de la France

Le déficit public français s’est réduit plus vite que prévu en 2015, et a atteint 3,5 % du PIB (contre 3,8 % estimé précédemment). Les cibles pour 2016 et 2017 restent inchangées à 3,3 % et 2,7 %. L’objectif d’un déficit en deçà de 3 % du PIB serait donc atteint en 2017.

Les principaux objectifs de la politique budgétaire sont les suivants :

  • Continuer à réduire les déficits publics, afin de respecter les engagements européens et de réduire peu à peu le ratio de dette publique sur PIB. Celui-ci reste élevé, 95,7 % en 2015, après 95,3 % en 2014.
  • Réduire le déficit/PIB en deçà de 3 % en 2017 et ramener le déficit structurel à un quasi-équilibre en 2018-2019.
  • Concentrer l’effort structurel sur les dépenses publiques, avec 50 milliards d’économies prévus en 2015-2017. La croissance des dépenses en valeur sera très modérée, 1,1 % par an en 2016-2017, après 0,9 % en 2015, à comparer avec 3,2 % par an en moyenne en 2007-2012.
  • Dans le même temps, réduire les prélèvements obligatoires (à travers notamment la montée en puissance du CICE et du pacte de responsabilité et de solidarité), afin de restaurer la compétitivité des entreprises et de soutenir la croissance et l’emploi.

La croissance se redresse peu à peu, ce qui améliorera légèrement le solde conjoncturel et facilitera le respect des objectifs ci-dessus. Il faut en revanche tenir compte d’une inflation qui redémarre moins vite que prévu et restera quasi-nulle en 2016, ce qui pèse sur les déficits, via notamment le rendement des économies en dépenses. D’où la mise en place de 3,8 milliards d’économies supplémentaires en 2016 et 5 milliards en 2017.

Des hypothèses de croissance prudentes

Pour 2016-2017, le cadrage macro-économique officiel prévoit une accélération mesurée de la croissance : 1,5 % en 2016 et 2017 après 1,2 % en 2015. L’inflation, nulle en moyenne en 2015, atteindrait 0,1 % en 2016 et 1 % en 2017.

Cette reprise progressive est permise par une série de facteurs. L’environnement extérieur sera relativement favorable : croissance assez dynamique aux États-Unis et au Royaume-Uni, reprise graduelle en zone euro. Ceci joint à la dépréciation de l’euro (en 2015) permettrait un redémarrage des exportations. Ensuite, la consommation des ménages croîtrait d’environ 1,5 % par an, grâce à la baisse du prix du pétrole, au redressement graduel de l’emploi et aux mesures de soutien du pacte de solidarité. Enfin, l’investissement des entreprises redémarrerait, en liaison avec les mesures de soutien mises en place (CICE, Pacte de responsabilité, amortissement exceptionnel de 40 %), la baisse des taux et le repli des prix énergétiques. Il progresserait de 3,2 % en 2016 et 3,8 % en 2017.

Notre prévision est du même ordre, mais un peu plus prudente pour la croissance du PIB.

Nous prévoyons une croissance de 1,2 % en 2016 et 1,4 % en 2017.
La croissance française reste affectée par un certain nombre de freins, notamment le déficit structurel de compétitivité, qui ne se résorbera que progressivement, et le niveau élevé du taux de chômage. L’investissement des entreprises devrait repartir plus lentement, en dépit des facteurs positifs cités ci-dessus, et en raison de la faiblesse relative des débouchés et de l’absence de tensions sur les capacités de production.

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L'analyse économique et sectorielle du Groupe Crédit Agricole
Perspectives
Apériodique - n°16/114 - 18 avril 2016
Directeur de la Publication : Isabelle Job-Bazille
Rédacteur en chef : Armelle Sarda
Documentation : Dominique Petit
Statistiques : Robin Mourier
Secrétariat de rédaction : Fabienne Pesty
Crédits photos : iStock.

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