Se couvrir contre le risque de change - Crédit Agricole des Savoie

Se couvrir contre le risque de change

Les fluctuations entre devises induisent, pour les entreprises qui traitent avec des partenaires étrangers, un risque de change susceptible de générer des pertes financières. Plusieurs moyens permettent de se protéger. Les entreprises qui traitent avec des partenaires implantés à l’étranger, que ce soit en qualité de client ou de fournisseur, sont soumises aux fluctuations monétaires. Lorsqu’un contrat est signé, pour un montant donné dans une monnaie donnée, rien ne garantit qu’au jour du paiement, le taux de change n’ait pas évolué entre temps. En cas de variation importante, cela peut engendrer une perte financière conséquente.

Comment limiter les risques

Plusieurs techniques permettent de limiter ce risque. La première consiste à privilégier les transactions en euros. Ce choix, qui garantit une parfaite visibilité, transfère le risque de change sur l’autre partie. Néanmoins, il n’est pas toujours possible. Si en position d’acheteur, cette demande est légitime, elle l’est beaucoup moins lorsqu’on se situe en position de fournisseur. Dans ce cas, faute de pouvoir libeller la transaction en euros, on aura tout intérêt à privilégier une devise stable et donc peu volatile.
Une autre astuce pour limiter le risque de change, lorsqu’on vend et que l’on achète des marchandises au sein d’un même pays, consiste à compenser, autant que faire se peut, ses créances et ses dettes, de manière à réduire sa « position de change » sur ce marché. Enfin, pour réduire son exposition, on peut également jouer sur les délais de paiement : plus ils sont courts, plus le risque de change est limité. C’est un point qui mérite d’être abordé dans la négociation.

Les solutions bancaires

Reste que ces bonnes pratiques ne constituent pas une garantie totale de sécurité. Pour limiter le risque au maximum, mieux vaut se tourner vers les solutions proposées par les banques et leurs salles de marchés. Certaines, du fait de leur technicité, sont réservées aux entreprises générant de forts courants d’échanges avec l’étranger.
D’autres sont accessibles aux PME qui opèrent, au coup par coup, des transactions ponctuelles avec l’étranger. Celles-ci peuvent opter pour le mécanisme du change à terme, une technique qui consiste à acheter ou vendre par anticipation, auprès de sa banque, des devises à un court déterminé à l’avance. C’est un bon moyen de garantir sa marge financière, sans immobiliser sa trésorerie pour autant.
Elles peuvent également recourir à l’avance en devises, une technique qui consiste à emprunter à sa banque le montant des devises à percevoir, puis à les vendre immédiatement contre euros, pour finalement rembourser cet emprunt avec les devises reçues du client au moment du paiement. Comme pour le change à terme, la banque se rémunère grâce aux intérêts d’emprunts.
Enfin, on peut couvrir son risque de change en souscrivant une assurance dédiée. Gérées par la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (Coface), pour le compte de l’État, ces assurances peuvent amortir la totalité de la perte de change constatée et ne sont pas soumises à un montant plancher, ce qui les rend accessibles à de nombreuses entreprises.

Thibault Bertrand - Uni-éditions - mai 2016

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